jeudi 27 juin 2013

130627 - ECOUTE - Domenico SCARLATTI - Huit sonates pour le clavecin


Domenico SCARLATTI







HUIT SONATES
POUR CLACEVIN


Sonate en si bémol majeur, L. 498
Sonate en ut mineur, L. 406
Sonate en ut mineur, L. 456
Sonate en ré mineur, L. 106
Sonate en ré majeur, L. 161
Sonate en sol mineur, L. 249
Sonate en ut majeur, L. 401
Sonate en fa majeur, L. 198



Fernando Valentini, clavecin




Domenico SCARLATTI et Georg-Friedrich HAENDEL sont nés en 1685, à huit mois d'intervalle. En 1709, ayant à peine achevé leurs études, SCARLATTI et HAENDEL se rencontrèrent à Rome, rencontre devant un clavier sous forme de joute musicale et sous l'égide du Cardinal OTTOBONI. La lutte fut serrée, mais les deux jeunes artistes ne furent point départagés : l'Italien était consacré premier claveciniste, tandis que l'Allemand enlevait la palme d'organiste. Et on raconte qu'en souvenir de ce duel mémorable, Domenico SCARLATTI ne put jamais entendre le nom de son rival sans faire le signe de croix.

Donc, Domenico SCARLATTI qui avait commencé sa carrière, comme son père, par écrire quelques opéras, était dès sa jeunesse un prodigieux claveciniste. Ses contemporains ont sans doute davantage apprécié l'exécutant et l'improvisateur, que le compositeur. Franz LISZT fut un des premiers à découvrir la richesse et la variété de la production pour clavecin de SCARLATTI ; aujourd'hui, cette production est admise par les mélomanes comme un des grands moments de la littérature musicale.

Déjà, l'étendue de cette production est stupéfiante : 555 Sonates publiées, et le claveciniste Rarl KIRKPATRICK fait remarquer, dans son ouvrage sur SCARLATTI, que, pour une sonate écrite, des douzaines ne passèrent pas le cap de l'improvisation. Parmi ces 555 Sonates, une infime proportion – une trentaine seulement – fut publiée pendant la vie du compositeur sous le titre très modeste d' »Exercice pour clavecin … composés par Domenico SCARLATTI, maître de clavecin du Prince des Asturies ». En tête du recueil, un avertissement signé SCARLATTI indiquait le sens de son travail : »Lecteur, ne t'attends pas – que tu sois dilettante ou professeur – à trouver, dans ces compositions, d'intention profonde, mais plutôt un ingénieux badinage de l'art, pour t'exercer au jeu hardi sur le clavecin … ».

Mais ces « Essercizi per gravicembalo », à la manière des Etudes de CHOPIN et de DEBUSSY, Ni « Etudes », ni « Sonates », ni « Préludes », ces pièces sont rebelles à une analyse formelle et les musicologues ont dû convenir qu'elles exprimaient d'abord l'originalité du génie de SCARLATTI.

Génie de l'architecture, génie de l'harmonie (à tel point que les éditeurs du siècle dernier ont « corrigé » des accords jugés trop audacieux !). Domenico SCARLATTI fut aussi, et d'abord, le grand maître d'un instrument auquel il conféra une admirable indépendance.

En effet, le premier titre de gloire de SCARLATTI est d'avoir achevé l'émancipation d'un instrument qui essayait, depuis plusieurs dizaines d'années, d'échapper aux mains des organistes. La tâche avait été entreprise en Italie par FRESCOBALDI et poursuivie par Bernardo PASQUINI, tandis qu'en France les premières pièces pour le clavecin (celles de CHAMBONNIERES) étaient éditées en 1670. Mais FRESCOBALDI était encore un organiste ; quant aux Français, ils n'influencèrent pas Domenico SCARLATTI dont l'oeuvre nous fascine par la suprême liberté d'une écriture spécifiquement clavecinistique, écriture extrêmement audacieuse et exigeant des interprètes des doigts prodigieusement habiles : les bonds, les croisements des mains, les notes répétées sur tempo rapide sont d'usage courant chez SCARLATTI ; mais, ainsi que le souligne Louis AGUETTANT, « cette virtuosité n'est pas froide, elle n'est que l'expression musicale d'une vitalité intense. SCARLATTI possède au plus haut degré la verve sous deux formes : l'abondance – jaillissement impétueux des idées – et la gaieté, toute spontanée, volcanique, napolitaine. Cet art est d'une santé qui nous enchante. » On ajoutera que cet art d'équilibre et de santé est aussi l'annonciateur, par son sens du dynamisme, d'une esthétique musicale romantique.

Cela dit, l'audition convaincra mieux qu'une analyse musicologique. Plutôt que de disséquer chacune des huit sonates enregistrées ici par le claveciniste hispano-américain Fernando VALENTI, nous nous bornerons à souligner quelques particularités intéressantes :
  • l'utilisation du bithématisme dans la Sonate Longo 498 ;
  • la très curieuse imitation d'un orchestre à cordes de VIVALDI dans la Sonate Longo 406, car SCARLATTI était un maître caricaturiste !
  • L'importance de la ligen mélodique dans la Sonate Longo 106, ce qui indiquerait, selon Fenando VALENTI, que cette pièce était primitivement destinée à une fl^te ou ou à un violon avec accompagnement d'un clavecin ;
  • ou encore, la virtuosité d'écriture très caractéristique de la Sonate Longo 249.

Mais quelques descriptions ne donnent qu'une faible image de l'ampleur d'une œuvre. Les mélomanes du XX° siècle, parmi leurs admirations italiennes, paraissent enfin avoir placé Domenico SCARLATTI à sa juste place, la place de celui qui fut surnommé « le coryphée des clavecinistes italiens » ou le « LISZT du clavecin ».


Claude SAMUEL

mercredi 26 juin 2013

130626 - LECTURE - Thomas MANN - Maître et Chien



130626 - ECOUTE - SCARLATTI, Domenico - Seize Sonates pour clavecin


Domenico SCARLATTI






SEIZE SONATES
POUR CLACEVIN


Sonate en mi mineur, K. 402
Sonate en mi majeur, K. 403
Sonate en ut majeur, K. 420
Sonate en ut majeur, K. 421
Sonate en sol majeur, K. 426
Sonate en sol majeur, K. 427
Sonate en ut majeur, K. 460
Sonate en ut majeur, K. 461
Sonate en sol majeur, K. 470
Sonate en sol majeur, K. 471
Sonate en ré majeur, K. 490
Sonate en ré majeur, K. 491
Sonate en ré majeur, K. 492
Sonate en ut majeur, K. 513
Sonate en fa majeur, K. 518
Sonate en fa mineur, K. 519


Huguette Dreyfus, clavecin





     D'origine sicilienne, mais installée de bonne heure à Naples, la dynastie musicale des SCARLATTI culmine avec deux artistes de toute première grandeur : Allessandro, le maître de l'opéra napolitain et de la cantate, et son fils Domenico, le plus génial de tous les clavecinistes compositeurs d'Italie.

      Né en 1685, Domenico SCARLATTI reçut à Venise une excellente formation musicale, puis se fixa à Rome. En 1720, il part pour la péninsule ibérique, vivant d'abord à Lisbonne, puis à Madrid où il mourut en 1757.

     Plus de cinq cents sonates pour clavecin constituent l'essentiel de son message. La moitié d'entre elles date des cinq dernières années de sa vie et c'est à ces œuvres ultimes, plein épanouissement du génie, qu'appartiennent les seize sonates réunies ici.

     Toutes ces sonates sont en un seul mouvement. Mais, dans ce cadre restreint et uniforme, le compositeur déploie des trésors d'une imagination inépuisable, de sorte qu'on, en oublie complètement les limites. La diversité des structures thématiques est mise en relief par l'étonnante variété des rythmes. L'harmonie témoigne d'une audace sans exemple, ne reculant devant aucune modulation, opposant brutalement les tonalités les plus éloignées, empruntant de fulgurants raccourcis en harmoniques, s'aventurant même jusqu'à la polytonalité. Mais tout cela demeure frais et spontané, d'une clarté et d'une grâce toutes latines, loin de toute lourdeur et de tout pédantisme ;


     C'est que SCARLATTI est un tempérament trop sain et trop vigoureux pour donner dans ces travers dont le protègent et son sens de l'humour et ses attaches avec la musique populaire. Avec leur stupéfiant recours à la virtuosité, comme avec leur nostalgie passionnée, ses sonates sont l'univers le plus riche de toute la littérature pour clavecin et, sans aucun doute, le plus fascinant.


130626 - LECTURE - GEO JUILLET 2013




LE MONDE QUI CHANGE
L'Inde met le cap sur la planète rouge


LES HÉROS D'AUJOURD'HUI
À Kaboul, Selene Biffi ressuscite la tradition orale afghane


LE GOÛT DE GEO
Le haggis, farci poétique des Ecossais


ÉVASION
Le mythe Bali
Perdu dans l'immense archipel indonésien, 
cette île "élue" des dieux 
évoque le paradis originel


MODES DE VIE
Le peuple de l'arc-en-ciel
Aux Etats-Unis, au Brésil ou en Slovaquie, 
les hippies perpétuent un rituel des années 1970 : 
se retrouver dans la nature


ENVIRONNEMENT
Entretien avec un requin
Depuis quarante ans, le photographe américain 
Jeff Rotman tire le portrait de son animal préféré

Pesticides : 
nos repas ont un goût amer


GRANDE SÉRIE 2013
LA FRANCE DU 
PATRIMOINE MONDIAL
Les merveilles de Provence et de Corse
Avignon, Arles, la Camargue, la réserve de Scandola, Bonifacio sont parmi les merveilles méditerranéennes inscrites ou en attente d'inscription à l'Unesco


GÉOPOLITIQUE
Les marchands d'armes font leur show
Les chars et les missiles ont aussi leurs salons où se pressent experts, militaires et espions


LE MONDE EN CARTES
Éducation des filles : en progrès !

lundi 24 juin 2013

130625 - TRAVAIL - CLUSES

130624 - ECOUTE - MOZART - Sérénade Haffner


Wolfgang Amadeus MOZART






SERENADE HAFFNER
K 250

Suzanne Lautenbacher, violon
ORCHESTRE DE L'ETAT DU WURTEMBERG
sous la direction de
Ferdinand Leitner




MOZART vient d'avoir vingt ans quand, en juillet 1776, il composé la Sérénade en ré majeur K 250, pour le mariage d'Elisabeth HAFFNER, fille du bourgmestre de Salzbourg. C'est l'oeuvre la plus importante de cette longue année 1776, la seule durant laquelle le compositeur ne quittera pas Salzbourg un seul jour

Aussi, dans cette page de circonstance aux dimensions symphoniques, passe le souffle d'une jeunesse qui aspire à s'évader hors du monde confiné d'une petite ville et des facilités d'un style galant.

La Sérénade HAFFNER débute par un allegro maestroso, véritable prélude d'une solennité toute nuptiale, auquel succède un concerto intercalaire, pour violons, en trois parties. Un andante, d'abord, où le chant mélodieux de l'instrument soliste se déploie comme un lied et conduit, insensiblement, à l'extraordinaire lyrisme d'un menuet, page exquise et émouvante à la fois, dont on ne sait jamais si elle est chant d'amour ou confidence pathétique. Mais, avec un rondo allègre, le concerto intercalaire s'achève dans une joie aimable, qui a l'aisance désinvolte d'une pirouette narquoise. La sérénade proprement dite débute alors par un menuet galant, d'une mélancolie délicieuse et délicatement superficielle. Et, de nouveau, le lyrisme monte : à travers l'exubérance thématique d'un andante fascinant et surtout, après la pause charmante d'un menuet, dans l'adagio qui ouvre le finale. Sa gravité bouleversante est un des sommets de l'expressivité mozartienne. Mais la discrétion l'emporte, clôt la confidence tout juste murmurée, et la sérénade s'achève, comme une joyeuse kermesse, dans l'allégresse des rythmes de chasse.


Ainsi, toute la perfection du style galant est-elle servie ici, avec une souveraine élégance. Mais, au-delà de cette grâce aisée, s'impose cette suprématie dans la poignante discrétion de l'indicible suggéré, qui est le vrai et le lumineux miracle mozartien.

130623 - BALADE - LAC LEMAN




BALADE A PIED, DE NERNIER ......



... A YVOIRE, ET RETOUR.

130622 - TRAVAIL - AMPHYON LES BAINS

mardi 18 juin 2013

130618 - ECOUTE - FRANCE MUSIQUE

18 juin 2013 14:00

Abbaye de Saint-Michel en Thiérache : Claudio Monteverdi, 

Cinquième Livre de Madrigaux (1605)





     Luca Marenzio
Sinfonia (des intermèdes de la Pellegrina – Secondo Intermedio, 1589)
Donne il celeste lume – a nove voci (4ème livre à 6 voix, 1587)
Sinfonia (des intermèdes de la Pellegrina – Secondo Intermedio, 1589)


 Claudio Monteverdi
5ème livre de magrigaux à 5 voix, 1605
1 – Cruda Amarilli, che col nome ancora
2 – O Mirtillo, Mirtillo anima mia
3 –Era l'anima mia


♫ Claudio Monteverdi
5ème livre de magrigaux à 5 voix, 1605
4a – Ecco, Silvio – Prima Parte
4b – Ma, se con la pieta – Seconda Parte
4C – Dorinda, ah, dirò mia – Terza Parte
4d – Ecco, piegando le genocchie – Quarta Parte
4e – Ferir quel petto, Silvio? – Quinta & ultima Parte


♫ Luca Marenzio
Sinfonia (des intermèdes de la Pellegrina – Secondo Intermedio, 1589) 

♫ Claudio Monteverdi
5ème livre de magrigaux à 5 voix, 1605
5a – Ch'io t'ami – Prima Parte
5b – Deh, bella e cara – Seconda Parte
5c – Ma tu, più che mai dura – Terza Parte


♫ Emilio de' Cavalieri
Sinfonia per fine del Secondo Atto (Extr de Rappresentatione di Anima, e di Corpo, 1600)

♫ Claudio Monteverdi
5ème livre de magrigaux à 5 voix, 1605
6 – Che dar più vi poss'io?
7 – M'e piu dolce il penar per Amarilli
8 – Ahi come a un vago sol cortese giro
9 – Troppo ben puo questo tiranno Amore
10 – Amor, se giusto sei
11 – T'amo, mia vita
12 – E cosi a poco a poco – a sei voci
13 – Sinfonia. Questi vaghi concenti – a nove voci



Les Arts Florissants
Paul Agnew, Direction & haute-contre


Concert donné le 2 juin 2013.

130618 - LECTURE - GEOVOYAGE - IRLANDE







PANORAMA
Une terre de légendes
Fées, druides, géants ... La nature
irlandaise garde les mythes
celtes bien vivants. Un monde
fabuleux que le christianisme
n'a pas fait disparaître

REGARD
La paix en ce pays
L'écrivain Colum McCann
évoque les bouleversements
qu'ont connus le Nord et le
Sud de l'Irlande depuis 1998 et
l'Accord du vendredi saint

L'ACTUALITE
Le Tigre celtique sort du
marasme. Les protestants font
moins d'enfants. Crise de foi
en République d'Irlande. L'annexe
verte de la Silicon Valley ...

HERITAGE
Au coeur de la musique
C'est dans le County Clare, à
l'ouest de l'île, que l'on retrouve
l'âme de la musique irlandaise.

RECIT
Retour à Glenanaar
A l'occasion du rassemblement
de descendants d'émigrés,
le "Gathering", Kerry Casey
raconte comment il est venu
d'Australie pour comprendre
l'histoire de son grand-père.

TRADITION
Le foot gaélique, un sport
de guerriers
Les nationalistes républicains
firent de ce sport un symbole
de la lutte pour l'indépendance
contre les Anglais.

REPERES
Oublions les idées reçues
Roi, bière, whisky, moutons, 
vaches ... Des chiffres pour
bousculer les clichés.

ITINERAIRES
Trois balades inspirées
dans le Connemara
Cette contrée sans chemins
balisés est encore préservée.
Nous avons suivi Michael
Gibbons, un guide passionné.

DECOUVERTE
Belfast remise à flot
L'écrivain Stuart Neville se réjouit
que la capitale d'Irlande du Nord
se refasse une beauté mais
s'agace d'une ville qui met sou-
vent son histoire dramatique
au service du tourisme.

IDENTITE
La Saint-Patrick, en vert
et pour tous
Chaque 17 mars, la pays honore
le fameux saint. Ce jour-là,
l'Irlande toute entière se sent
au centre du monde.

SEJOURS
B&B, beaux décors et 
bon accueil
Les Bed & Breakfast ont
toute une histoire à raconter.
Authentiques et chaleureux,
ils constituent la formule
idéale pour vous faire entrer
dans l'intimité du pays.

GUIDE
L'art au coin des rues à Dublin.
Sur les chemins de l'Irlande, 
en sept randonnées

LE CAHIER 
DE GEO VOYAGE

REPORTAGE
Les cavaliers 
de Ouagadougou
Dans les rues de la capitale
du Burkina Fasso paradent de
jeunes écuyers et amazones,
héritiers de l'Empire mossi.

CHRONIQUES

A LIRE, A VOIR
Les nouveaux talents de
la littérature noire catalane, 
un spectacle pictural aux
Baux-de-Provence, des
créateurs sud-africains à
La Maison rouge à Paris, un
DVD, une application ...

lundi 17 juin 2013

130617 - FILM TV - Déjà mort



  • Date de sortie
     (1h 48min
  • Réalisé par
  • Avec
  • Genre
  • Nationalité

    Synopsis et détails

    Interdit aux moins de 12 ans 
    Laure a vingt ans, elle veut quitter l'univers étriqué de cette ville de province où elle vit. Sa chance c'est Andréa, jeune homme pauvre ébloui par sa rencontre avec David et Romain, qui vivent sur les hauteurs de Nice. Pour s'offrir ce qu'ils n'ont jamais eu, pour vivre, ils vont plonger dans le monde du porno.

130617 - ECOUTE - FRANCE MUSIQUE - ROSSI, Salomone



















Abbaye de Saint-Michel en Thiérache  

Salomone Rossi Ebreo



14h04
1- Shir hama'alot, ashrei kol yeré 'adonai - Psaume 128
2- Sinfonia Prima a 5 e a 3 si placet
3- Sfogava con le stelle
4- Sinfonia Prima
5- Tu parti, ahi lasso

14h17
6- Cor mio, deh non languire
7- Sinfonia Undecima
8- Udite, lacrimosi spirti d'averno

14h23
9- Sinfonia seconda, detta la Emiglia
10- Gagliarda a 5 e a 3 si placet, detta Narciso
11- Corrente terza
12- Brando secondo

14h30
13- Tirsi mio, caro Tirsi
14- Sinfonia quinta
15- Rimanti in pace
16- 2a parte : Ond'ei di morte
17- Sinfonia decima

14h43
18- Mizmor letoda - Psaume 100
19- Gagliarda disperata
20- Correnta sesta
21- Haleluyah, Haleli nafshi 'et 'adonai - Psaume 146

14h53
22- Vedro'l mio sol
23- Sinfonia duodecima
24- In dolci lacci

15h00
25- Sonata ottava aria, E tanto tempo hormai
26- Ohime, se tanto amate
27- Messaggier di speranza
28- Corrente settima
29- Gagliarda a 5 e a 3 si placet, detta la Zambalina
30- Pargoletta che non sai

15h16
31- Yitgadal veyitkadash - Full Kadish

bis, 15h21
Haskivenu (prière du soir)


Profeti Della Quinta
Doron Schleifer, Contre-ténor
David Feldman, Contre-ténor
Lior Leibovici
Dan Dunkelblum
Elam Rotem, Basse, clavecin
Katya Polin, Violon
Eva Saladin, Violon
Ori Harmelin, Chitarrone
Ryo Sakamoto, Chitarrone 
Elam Rotem, Direction


Concert donné le 2 juin 2013.





ROSSI Salomone

(VERS 1570-VERS 1630)
par Hervé ROTEN
Salomone Rossi, ou Shlomo Mi-ha-Adoumim en hébreu, est issu d’une vieille famille juive de Mantoue où il naît vers 1570. Bénéficiant de la tolérance accordée aux Juifs par les ducs de Mantoue, il grandit dans une quiétude relative. La communauté juive de la ville, forte d’environ 2300 membres, compte neuf synagogues et vingt-quatre rabbins. C’est dans ce contexte particulièrement favorable que le jeune Rossi va s’initier à la musique savante.

A l’époque, l’esprit d’ouverture de la Renaissance encourage un public éclairé d’amateurs juifs à s’ouvrir aux pratiques musicales de leur temps. L’existence d’écoles de musique et de danse est attestée à Venise dès la première moitié du XVe siècle. A la fin de ce même siècle émergent des compositeurs et musiciens juifs, tels Giuseppe Ebreo et Guglielmo Ebreo. Remarquons que le terme "Ebreo" ajouté au nom du compositeur - probablement par ordre du censeur - permet d’identifier de façon formelle l’origine juive de ces deux musiciens ; cette désignation sera d’ailleurs appliquée à l’ensemble des compositeurs juifs italiens de cette période.

Durant le XVIe siècle et jusqu’au début du XVIIe, la Cour des Gonzague de Mantoue va accueillir de nombreux musiciens juifs. Appelé "el Ebreo del Mantova" (le Juif de Mantoue), Salomone Rossi apparaît pour la première fois dans les registres de la cour de Mantoue en 1587, tout d’abord comme choriste, puis comme joueur de viole, et enfin comme compositeur. Ses premières compositions, un livre de Canzonette à trois voix (1589) et un livre de madrigaux à 5 voix (1600) sont dédiées au duc Vicenzo Gonzague. En retour, ce dernier l’exempte en 1606 du port des signes vestimentaires marquant les Juifs. En dépit de cette relative intégration, Rossi ne reniera jamais son appartenance au judaïsme.

Durant plus de quarante ans, Salomone Rossi restera au service des ducs Vicenzo et Fernando Gonzague. De 1590 à 1612, il travaille au côté de Claudio Monteverdi (1567-1643), le génial créateur de l’Orfeo. Ses madrigaux ne se ressentent toutefois pas de l’influence de ce dernier. En 1630, Mantoue est assiégée puis saccagée par les troupes autrichiennes. La plupart des Juifs est alors contraint de fuir la ville. On perd à ce moment toute trace de Rossi ; on suppose qu’il mourut peu de temps après, peut-être de la peste.

De son vivant, ses compositions font l’objet de vingt-cinq publications. Son œuvre est imposante : près de trois cent pièces, essentiellement vocales (canzonettes, duos, trios et madrigaux sur des poèmes d’auteurs italiens de l’époque) mais aussi instrumentales où il contribue au développement du style violonistique et à l’élaboration de la sonate baroque.
Les oeuvres de Rossi jouées durant ce concert sont extraites d’un recueil en deux volumes, imprimé à Venise en 1622-23 sous le titre de Hashirim asher lish’lomo (Cantiques de Salomon), et contenant trente-trois chants sacrés hébreux pour chœur de trois à huit voix. Le titre de ce recueil a souvent prêté à confusion : aucun texte ne provient du Cantique des cantiques attribué au roi Salomon, la collection étant formée d’une vingtaine de psaumes et d’une dizaine d’hymnes ou chants, le Salomon du titre se réfère donc à Salamone Rossi lui-même.

L’intérêt de ces chœurs – outre leur indéniable beauté – réside dans le fait qu’ils constituent un des tout premiers essais d’introduction de la musique savante polyphonique dans le culte synagogal. Ils témoignent aussi des idées réformatrices qui agitent alors les communautés italiennes. Ces idées sont principalement soutenues par un curieux personnage, le rabbin Léon de Modène (1571-1648).

Ce dernier, véritable "touche-à-tout" (il prétendait avoir exercé pas moins de vingt-six métiers différents tout au long de sa carrière !) introduit dès 1605 à la synagogue de la communauté de Ferrare une pratique chorale à l’occasion de certains Chabbats et fêtes. Tout au long de sa vie, il défendra l’idée du renouvellement nécessaire de la musique synagogale qui lui semble dépassée. C’est ainsi que naturellement, il préface la première édition des Cantiques de Salomon en 1622-23 pour revendiquer l’entrée à la synagogue du langage musical de ses contemporains.

Ce courant réformateur ne parviendra toutefois pas à s’imposer à l’ensemble des synagogues italiennes, et les Cantiques de Salomon n’y furent probablement exécutés qu’un nombre limité de fois. Il faut dire que le langage musical utilisé par Rossi fait totalement abstraction des traditions de la musique synagogale et de ses cantillations. Rossi applique sur des textes hébreux le langage mélodique élaboré depuis un demi-siècle à Venise. Il reste donc le plus souvent en deçà des innovations de Monteverdi et rappelle plutôt ses contemporains Lassus ou Viadana.

Il faudra attendre le XIXe siècle, et le travail musicologique du chantre Samuel Naumbourg (1815-1880) en collaboration avec Vincent d’Indy (1851-1931) alors âgé de vingt-cinq ans, pour que l’œuvre synagogale de Salomon Rossi rentre enfin au répertoire des synagogues françaises et étrangères.