vendredi 31 mai 2013

130531 - ECOUTE - ALBENIZ - Ibéria



ISAAC ALBENIZ  
(1860-1909)


IBERIA

Douze impressions pour oiano
Alicia de Larrocha (piano)


LIVRE I
1 - Evocation
2 - El Puerto
3 - Corpus Christi in Sevilla


LIVRE II
4 - Rondena
5 - Almeria
6 - Triana


LIVRE III
7 - El Albaicin
8 - El Polo
9 - Lavaples


LIVRE IV
10 - Malaga
11 - Jerez
12 - Eritana




          Avant Iberia (1905-1908), ALBENIZ a composé quantité d'oeuvres pour le piano, dont beaucoup sont aujourd'hui oubliées : des Suites, des sonates, des études qui montrent un grand respect pour les styles ancien et classique, particulièrement SCARLATTI. Et autant d'improvisations de génie ("mes petites saletés") qui témoignent d'une facilité étonnante à s'approprier les acquis de CHOPIN ou de LISZT pour les transformer en pièces de circonstance ou de salon. C'est avec la même aisance que le Catalan s'empare du folklore espagnol, dans des pages où paradoxalement il chante l'Andalousie, avec une  très forte rythmique et une ornementation complexe. Mais c'est seulement sur le tard, devenu parisien, honoré de l'amitié de SEVERAC et de FAURE, que son génie se révèlera complétement.

 

          Le tournant semble s'être opéré avec le grand poème La Vega créé en 1905, où le compositeur renie sa propre prodigalité et sa manière de "jeter la musique par les fenêtres" (DEBUSSY) pour une discipline nouvelle. Ibéria suit immédiatement, en quatre cahiers de trois pièces créés par Blanche SELVA. La gestation particulièrement longue a été l'occasion de questionnements profonds au sujet de la forme, de la construction, du développement. On reste sidéré par l'envergure et la perfection formelle de ces Douze nouvelles impressions pour le piano. Evoquant chacune, avec une invention sublimée par la mémoire, une ville ou un lieu d'Andalousie (à l'exception du Lavapies madrilène) elles ont bouleversé le répertoire pianistique au même titre que les Images de DEBUSSY (1905 et 1907). C'est d'ailleurs DEBUSSY lui-même, si peu enclin à) la complaisance, qui signe un article célèbre sur Ibéria en 1913, concluant qu'après Eritana "les yeux se ferment comme éblouis d'avoir contemplé trop d'images".

             Avec la dimension espagnole et l'innovation harmonique, le troisième pilier d'Ibéria tient dans la difficulté pianistique, avec des écarts inhumains, des traits infaisables, des dynamiques outrées (jusqu'à pppp ou ffff), des indications interprétatives tellement détaillées qu'elles en deviennent sujettes à ... interprétation ! Sans compter la lecture, avec des forêts de bémols et de dièses qui vous arrachent les yeux, et les superpositions de strates que plusieurs pianistes ont voulu rendre plus évidentes à l'œil en réécrivant certains passages (pour redistribuer les rôles entre les deux mains).

Etienne MOREAU 
 


 

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