mardi 4 octobre 2011
111005 - LECTURE - LAWRENCE DURELL - LE QUATUOR D'ALEXANDRIE - JUSTINE
Justine est le premier volet de ce récit somptueux et incomparable : 4 personnages et 4 récits de la même histoire.
Le narrateur de Justine est professeur; il vit avec Mélissa, danseuse égyptienne, et est ami du couple Nessim et Justine. Tous évoluent dans la ville d'ombres et de lumières, Alexandrie. Avant même que le récit ne commence, la citation de Freud met le lecteur sur ses gardes : Je commence à croire que tout acte sexuel est un processus dans lequel 4 personnes se trouvent impliquées.
lundi 3 octobre 2011
111003 - LECTURE - TELERAMA EDWARD MUNCH
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| Autoportrait au bras de squelette, 1895 |
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| ********* Le Cri, 1910 ********** |
Edvard Munch (12 décembre 1863 - 23 janvier 1944) est un graphiste et peintre expressionniste norvégien.
Edvard Munch peut être considéré comme le pionnier de l'expressionnisme dans la peinture moderne. Il est très tôt réputé pour son appartenance à une nouvelle époque artistique en Allemagne et en Europe centrale, et son œuvre et son importance sont aujourd'hui reconnues en Europe et dans le monde. Les œuvres de Munch les plus connues sont celles des années 1890, notamment Le Cri. Sa production ultérieure attire toutefois de plus en plus d'attention et semble inspirer tout spécialement les artistes actuels.
Edvard Munch grandit dans la capitale norvégienne, qui s'appelait Christiania à l'époque. Son père, Christian Munch — frère de l'historien Peter Andreas Munch — est un médecin militaire profondément religieux, aux revenus modestes. Sa femme, plus jeune que lui de 20 ans, meurt de tuberculose alors qu'Edvard n'a que cinq ans. Celui-ci est aussi de faible constitution, mais c'est sa sœur ainée Sophie qui est la victime suivante de la phtisie (une des formes de la tuberculose). Une plus jeune sœur est rapidement diagnostiquée comme souffrant de « mélancolie » (aujourd'hui dépression). Des cinq enfants seul son frère Andréas se marie, mais il meurt quelques mois après son mariage.
La maison parentale est culturellement stimulante — ce sont toutefois aux impressions de maladie, de mort et de tristesse que Munch revient le plus fréquemment dans son œuvre.
Munch étudie une année à l'école technique avant de se consacrer très sérieusement à l'art. Il étudie les anciens maîtres, suit le cours de dessin de nu à l'école royale de dessin et obtient pendant un temps la correction du plus grand naturaliste norvégien de l'époque, Christian Krohg. Ses premières œuvres sont imprégnées d'un réalisme inspiré du réalisme français, et rapidement il se révèle comme un grand talent.
En 1885, Munch effectue un court séjour à Paris. Cette même année il commence son travail sur un tableau décisif l'Enfant malade. Là il rompt radicalement avec un réalisme que l'on voit comme un motif en lui avec Christian Krohg. Pour Munch, il s'agit de sa sœur Sophie. Il travaille longtemps sur ce tableau, à la recherche d'une première impression et d'une expression picturale satisfaisante pour transcrire une expérience personnelle douloureuse. Il renonce à l'espace et à la forme plastique et opte pour une composition rappelant une icône. La surface du tableau montre les signes d'un processus créatif difficile. La critique est très négative.
Les œuvres principales des années suivantes sont moins provocantes par leur forme. Inger à la plage en 1889 montre l'aptitude de Munch à la représentation d'atmosphère lyrique, dans la même veine que le néoromantisme de l'époque. Il peint ce tableau à Åsgårdstrand, une petite ville du littoral des alentours de Horten (Norvège). Le littoral très sinueux, caractéristique de cette région, se retrouve comme leitmotiv significatif dans de nombreuses compositions de Munch.
En 1889, il peint notamment le portrait de l'auteur norvégien du roman Scènes de la Bohème de Kristiania, Hans Jæger. La fréquentation dans la deuxième moitié des années 1880 de Jæger et de son cercle d'anarchistes radicaux marque un tournant décisif dans la vie de Munch et est la source d'une mutation et d'un conflit interne. C'est à cette époque que commence sa vaste production biographique-littéraire, qu'il reprendra à plusieurs moments de son existence. Ces premiers dessins fonctionnent comme des « consultations » des différentes motivations centrales des années 1890. En accord avec les idées de Jæger, il veut retranscrire par une capture la plus proche et la plus fidèle possible les affres et les ennuis de la vie moderne : il veut « peindre sa propre vie ».
À l'automne 1889, Munch a droit à une grande exposition de ses œuvres à Christiana, où l'État lui accorde une bourse d'artiste pour trois ans. Paris, où il devient pour un moment l'élève de Léon Bonnat, est une destination logique. Mais l'impulsion la plus importante, il la ressent en s'orientant dans la vie artistique de la ville. C'est à cette époque que perce un mouvement post-impressionniste avec plusieurs expériences anti-naturalistes. Cela a pour effet de libérer Munch. « L'appareil photo ne peut pas concurrencer le pinceau et la palette, » écrit-il, « tant que l'on ne peut pas l'utiliser au Paradis ou en Enfer. »
Peu après son arrivée à Paris, Munch reçoit la nouvelle de la mort de son père. C'est dans ce contexte que l'on interprète souvent la solitude et la mélancolie de son tableau Nuit (1890). L'intérieur sombre avec la seule figure à la fenêtre est totalement dominée par les tons bleus, une peinture « ton sur ton » qui rappelle les accords de couleur nocturnes de James McNeill Whistler. Cette œuvre moderne et unique est aussi une expression de la « décadence » des dernières années du XIXe siècle.
Lors de son exposition de l'automne 1891 à Christiana, Munch montre entre autres de la mélancolie. Dans ses tableaux dominent les grandes lignes courbes et les zones de couleurs homogènes, une simplification et une stylisation utilisée par Paul Gauguin et les synthétistes français. « Symbolisme - la nature a été formée dans une ambiance morale » écrit Munch.
À cette époque il réalise les premières esquisses de son œuvre la plus connue, Le Cri. Il peint également une série de tableaux dans un style impressionniste et pointilliste, avec des motifs de la Seine ou de la rue de parade de Christiana, Karl Johan. Mais ce qui intéresse surtout Munch, ce sont les impressions de l'âme et non celles des yeux.
À l'automne 1892 Munch présente les fruits de son séjour français. À la suite de cette exposition il est invité par le « club d'art de Berlin » (Berliner Kunstverein), où ces mêmes œuvres doivent être exposées. Mais cela finit par un cauchemardesque « succès de scandale ». Le public et les vieux peintres comprennent Munch comme une provocation anarchiste, et l'exposition est fermée à cause de la protestation.
Munch s'est ainsi fait un nom à Berlin lorsqu'il se décide à y rester. Il entre dans un cercle de littéraires, d'artistes et d'intellectuels où les scandinaves sont fortement représentés. On y retrouve entre autres le dramaturge suédois August Strindberg, le poète polonais Stanis Przybyszewski, l'écrivain danois Holger Drachmann et l'historien de l'art allemand Julius Meier-Gräfe. On y discute de la philosophie de Nietzsche ainsi que d'occultisme, de psychologie et des côtés sombres de la sexualité.
En décembre 1893 expose sur l'avenue Unter den Linden. Il présente entre autres six peintures sous le titre Étude en une série : l'Amour. Cela marque le début de ce qui deviendra le cycle La Frise de la Vie (Lebensfries), « un poème sur la Vie, l'Amour, la Mort ». On y retrouve des motifs saturés d'ambiance (Stimmungsgesättigit), comme La tempête, Clair de lune et Nuit étoilée, où l'on peut sentir l'influence du germano-suisse Arnold Böcklin. D'autres motifs éclairent le côté nocturne de l'amour, comme Rose et Amélie et Vampire. Plusieurs tableaux ont la mort comme thème, et le plus marquant est La mort dans la chambre de la malade. Dans cette composition se remarquent notamment les dettes de Munch envers les synthétistes et les symbolistes français. Avec ses couleurs crues et blafardes, le tableau montre une scène fortement figée, comparable au tableau final d'une pièce d'Ibsen. La scène rappelle la mort de sa sœur Sophie, et toute la famille est représentée. La mourante, assise dans un fauteuil, est représentée de dos, mais attire le regard sur le personnage qui représente Munch lui-même.
L'année suivante, la frise continue avec des tableaux comme La peur, Cendres, Madonne, Sphinx ou Les trois âges de la femme, un tableau monumental totalement dans l'esprit du symbolisme. En commun avec Meier-Gräfe, entre autres, Przybyszewski réalise en 1894 la première publication sur l'œuvre de Munch. Il la décrit comme « réalisme psychique ».
Dans les années 1930 et 1940, les nazis jugent son œuvre « art dégénéré » et retirent ses tableaux des musées allemands. Munch est profondément remué par cette situation, lui qui est antifasciste et qui considérait l'Allemagne comme sa seconde patrie.
En 1896, Munch abandonne Berlin pour Paris, où séjournent notamment August Strindberg et Meier-Gräfe. Il se concentre de plus en plus sur les moyens graphiques, aux dépens de la peinture. À Berlin, il avait commencé avec la gravure à l'eau forte et la lithographie ; il réalise maintenant en collaboration avec le célèbre imprimeur Auguste Clot des lithographies en couleurs et sa première gravure sur bois. Il prévoit aussi la production d'une frise sous le nom Le miroir. Sa maitrise souveraine des moyens graphiques et sa grande originalité artistique font qu'il est aujourd'hui reconnu comme un classique des arts graphiques.
Il réalise deux affiches de programmes pour des pièces d'Ibsen au théâtre de l'Œuvre tandis que l'illustration des Fleurs du Mal de Baudelaire reste inachevée.
De retour en Norvège en 1898, il réalise les illustrations d'une édition spéciale du journal allemand Quickborn, avec des textes d'August Strindberg.
À la Belle Époque, Munch essaie de finir sa frise. Il peint une série de nouveaux tableaux, certains dans des formats plus grands, partiellement empreints de l'esthétique du JugendStil. Pour le grand tableau Métabolisme (1898), il réalise un cadre en bois avec des reliefs sculptés. Il reçoit d'abord le nom de Adam et Ève et occupe la place centrale du mythe du péché originel dans la philosophie pessimiste de l'amour de Munch. Des œuvres comme La croix vide ou Golgotha (tous les deux de 1900) reflètent une orientation métaphysique de l'époque et sont également un écho de la jeunesse de Munch dans un milieu de piété.
Une relation amoureuse épuisante à cette époque conforte Munch dans le fait de vivre l'art comme une vocation.
La Belle Époque est une phase ininterrompue d'expériences. Un style décoratif et vif se manifeste, influencé par l'art des Nabis, notamment de Maurice Denis. Déjà en 1899, Munch peint La danse de la vie, tableau qui peut être résumé comme une « monumentalisation » personnelle et audacieuse de ce style décoratif. Une série de paysages du fjord de Christiana, études délicates et décoratives de la nature, sont considérées comme le paroxysme du symbolisme nordique. Il peint Les filles sur le pont, tableau classique chargé d'émotions, pendant l'été 1901 à Åsgårdstrand.
Au début du XXe siècle, Munch était en position de construire une véritable carrière. En 1902, il présente à l'exposition de Sécession à Berlin pour la première fois la frise dans son intégralité. Une exposition de Munch à Prague influence de nombreux artistes tchèques. Les portraits, souvent en pied, prennent une place de plus en plus importante dans son œuvre. Le portrait de groupe Les quatre fils du Docteur Max Linde (1904) compte parmi les plus grands chefs-d'œuvre du portrait moderne.
Edvard Munch est décédé à Ekely, près d'Oslo en Norvège le 23 janvier 1944, à 80 ans. Il lègue environ un millier de tableaux, 4500 dessins et aquarelles et six sculptures à la ville d'Oslo, qui construit en son honneur le Musée Munch à Toyen.
L'effigie d'Edvard Munch apparait sur les billets de 1000 krone, la monnaie norvégienne.
Le Cri (Skrik, 1893) est probablement son œuvre la plus connue. Comme dans le cas de beaucoup de ses œuvres, il en a peint plusieurs versions. Le Cri est une pièce de la série La Frise de la Vie, que Munch a assemblée au tournant du siècle ; il traite d'une manière récurrente des thèmes de la vie, l'amour, la peur et la mort.
La collection la plus importante de ses œuvres se trouve au Munchmuseet (le Musée Munch) à Tøyen dans Oslo. Quelques-unes de ses peintures se trouvent à la Nasjonalgalleriet, la galerie nationale d'Oslo. Le bar Dagligstuen de l'Hotel Continental d'Oslo possède de nombreuses impressions.
Le Cri et la Madone ont été volés le 22 août 2004 au musée Munch d'Oslo par deux voleurs. Ils ont été récupérés dans des circonstances non connues en août 2006 en Norvège. Les 2 œuvres ensemble sont estimées à 100 millions de dollars soit environ 83 millions d'euros.
La vie et l'œuvre du peintre ont donné naissance à d'autres œuvres, parmi lesquelles le film Edvard Munch, la danse de la vie, de Peter Watkins, une biographie des jeunes années de l'artiste, filmée dans des lieux où ce dernier habita, avec des acteurs non-professionnels, et dans des tons proches de ceux des toiles de Munch.
dimanche 2 octobre 2011
111001 - ALEX (74) - EXPOSITION PAUL REBEYROLLE
Du 9 juillet au 6 novembre 2011, la fondation rend hommage à Paul Rebeyrolle (1926-2005), un des plus grands artistes français du XXe siècle. A l'image du sanglier qu'il a souvent dépeint, son pinceau et son couteau semblent fouir la matière grasse et colorée pour faire surgir les personnages et de puissantes évocations de la nature. Profondément engagé dans la vie politique de son temps, Paul Rebeyrolle nous laisse une oeuvre figurative, un regard à la fois révolté et tendre sur la tragédie de la condition humaine.
Tout en présentant quelques oeuvres sculptées, l'exposition met l'accent sur le travail de peinture et rassemble une trentaine de tableaux réalisés entre 1957 et 2004. La scénographie s'organise autour des thématiques récurrentes dans l'oeuvre de l'artiste : la nature, l'homme et la société.

Paul Rebeyrolle biographie
Né à Eymoutiers (Haute-Vienne) en 1926, décédé en 2005 à Boudreville (Côte d'Or).
1931-36 - Atteint d'une maladie qui nécessite une immobilisation totale, en minerve plâtrée, il passe son temps à dessiner et ses parents, instituteurs, lui apprennent à lire et à écrire. Convalescence et plâtre de marche.
1937 - La famille s'installe à Limoges où ses parents enseignent. Etudes secondaires au lycée Gay-Lussac.
1944 - Il passe son baccalauréat de philosophie en juillet et, dès le mois d'octobre, il monte à Paris par "le premier train de la Libération". Il sait depuis longtemps qu'il veut devenir peintre. De son adolescence dans le Limousin, il gardera sa passion de la nature, de la campagne et le sentiment violent que la conquête de la liberté est une nécessité absolue.
1945-46 - Installé à Paris, il consacre son temps à voir des expositions : Soutine à la Galerie de France, Picasso au Salon d'Automne, etc...
1947 - Le Louvre rouvre ses portes : tous les dimanches, il profite de la gratuité du musée pour aller admirer les peintres vénitiens, Rubens, Rembrandt, etc.
1950 - Voyages en Espagne et en Italie pour visiter les musées. Il participe à des expositions de groupe et à des salons. Il conforte son appétit de liberté dans l'atmosphère qui suit l'après-guerre. Ce goût d'indépendance le porte aussi à refuser l'enseignement des écoles d'art, quelles qu'elles soient : il fait le choix de travailler à l'atelier de Paris et à Eymoutiers, où il séjourne fréquemment.
1951 - Début des expositions personnelles de Paul Rebeyrolle.
1953-56 - Farouchement opposé à la propagande d'intensification de la Guerre Froide, il adhère au parti communiste qu'il quitte trois ans plus tard en réaction aux événements de Hongrie et à la duplicité du PC face à la guerre d'Algérie. Il symbolise cette rupture dans un grand tableau qu'il intitule "A bientôt j'espère". Cette période est caractérisée par des choix artistiques revendiqués, notamment son rejet de la peinture abstraite et du réalisme socialiste.
1959 - A Eymoutiers , il réalise "Planchemouton", un grand tableau commandé par le comité de la première Biennale de Paris pour orner l'escalier du Palais des Beaux-arts. « Planchemouton » est le nom de la grange où il peint ce tableau et celui du ruisseau qui borde l'actuel Espace Paul Rebeyrolle (l'œuvre y est exposée).
1963 - Il quitte Paris et s'installe à la campagne pour y vivre et y travailler, d'abord dans l'Aube puis en Côte d'Or.
A partir de 1968, les thèmes politiques qui reflètent ses engagements s'inscrivent dans des séries picturales : "Guérilleros" (1968), "Coexistences" (1970), "Les Prisonniers" (1972), "Faillite de la science bourgeoise" (1973), "Nature morte et pouvoir" (1975), "Les évasions manquées" (1980-82), "Le sac de Mme Tellikdjian" (1983), "On dit qu'ils ont la rage" (198461985), "Germinal" (1986), "Au royaume des aveugles" (1987), "Les Panthéons" (1990-91), "Splendeur de la vérité" (1993), "Le Monétarisme" (1997-99).
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| LE PETIT COMMERCE |
Ce cycle d'inspiration politique est ponctué par d'autres thèmes : "Nus", "Sangliers", "Paysages", "Grands Paysages", "A propos de Courbet", "Bacchus". Le point commun à tous ces thèmes est la situation de l'homme et son engagement dans le monde qui l'entoure.
2005 - Paul Rebeyrolle s'éteint le 7 février à l'atelier de Boudreville, en Bourgogne, à l'âge de 78 ans. Ses cendres ont été dispersées à Eymoutiers, dans le ruisseau de "Planchemouton".
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| LA BARRIERE |
« Si je peins un chien, j’aime qu’il ait des poils. Je vais prendre du crin. Les serpents ou les lézards, ils seront en paille de fer, dont je fais une consommation qui intrigue ma droguiste. Pour faire un hérisson, je me servirai d’une brosse en chiendent. Quant aux paysages, j’aime bien les terminer avec un peu de vraie terre ou un morceau de bois. Voilà où mène le naturalisme. Je suis un peintre qui peint ce qu’il voit. » Paul Rebeyrolle
Note d'intention du commissaire à propos de l'exposition
Paul REBEYROLLE, la nature et l'homme
Peintre et sculpteur, Paul Rebeyrolle (1926-2005) a constitué une œuvre figurative, fascinante, violente et engagée, d'une rare expression. La nature, l'homme et la société y sont les prétextes récurrents d'un art qui se caractérise par un matiérisme appuyé. Le choix d'œuvres présentées à la Fondation Salomon témoignera de la puissance au présent d'une démarche qui n'a jamais laissé aucun regard indifférent.
L'exposition qui ne se veut pas une rétrospective se développe selon une organisation rassemblant d'une salle à l'autre les œuvres en fonction d'une approche tant thématique que plastique.
Elle débute ainsi dans la chapelle par la confrontation entre une sculpture et un tableau aux sujets animaliers. Un sanglier, en bronze, métaphore du caractère entier et fonceur de l'artiste, et une vache, image d'un animal domestiqué dont la couleur rouge n'est pas sans évoquer l'engagement rebelle et politique de Rebeyrolle.
Dans la grande galerie, les tableaux réfèrent au thème générique de la nature. Le choix d'avoir placé cet immense tableau intitulé La pluie et le beau temps de manière frontale en entrant dans cette salle relève de la volonté d'inviter le visiteur à découvrir l'un des premiers tableaux majeurs du peintre qu'il considérait lui-même a posteriori comme porteur en germe de toutes ses préoccupations.
Dans la salle de la cheminée, les quatre œuvres rassemblées traitent toutes des rapports de l'homme au monde économique, qu'il soit manipulé ou confronté aux débordements de la société de consommation. Une façon de souligner dès le début cette alternance récurrente chez Rebeyrolle d'une œuvre qui bascule entre le naturel et le social.
Dans la grande salle ont été rassemblés un ensemble de six tableaux constituant en quelque sorte le noyau dur de l'idée qui fonde cette exposition au regard des trois thèmes retenus de la nature, de l'homme et de la société.
Dans la galerie du premier étage, la série des Implosions regroupe cinq toiles dont l'image de la femme s'offre à voir dans une trituration matiériste qui en dit long de la difficulté de la figurer. Il y va d'une mesure tragique et existentielle de l'être dans une mise à nu du corps qui n'est pas sans rappeler la série des Women de De Kooning ou celle des Dames de Dubuffet.
La salle falconnat nous ramène au thème de la nature avec un ensemble de peintures sur le thème des Quatre Saisons. Daté 1967, il certifie non seulement la prégnance d'une telle iconographie dans l'œuvre de Rebeyrolle mais son soin de l'adosser à une tradition de la grande peinture dans la suite même d'un Nicolas Poussin.
Au second étage, la galerie rassemble des œuvres de différentes périodes qui mettent en jeu de manière plus explicite la part engagée de l'artiste, soit dans des duos d'individus en plein débat, soit par des images suggérant l'idée de rébellion.
Dans la tour, la figure monumentale qui semble fuir le Temps de chien qu'il fait n'est pas une invitation à déserter le monde des humains mais bien plus à nous ouvrir les yeux sur notre terrible condition. De la condition humaine et de la question fondamentale de l'être.
Philippe Piguet
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